01. Génèse

Préservé par la terre battue de la cave du château pendant de nombreuses années, un trésor attendait d’être découvert. Une bouteille de vin, bouchée à l’émeri , d’un verre soufflé à la main, témoin d’un savoir faire ancestral.

C’est avec une grande émotion que celui qui l’a découverte déterra un passé vieux de 200 ans, chargé d’histoire et de mystères.

Qui l’avait enterrée là ? Depuis combien de temps exactement ? Pourquoi son bouchon était en forme de cœur ? Était-ce une fabrication spéciale pour un mariage ou un symbole de l’amour du vigneron pour cette cuvée ?

02. Le domaine

Ce qui est sûr c’est que cette bouteille est le témoin de la particularité de ce château où presque rien n'a changé depuis 200 ans. Une terre vierge de toute pollution chimique, en hauteur, et donc non assujettie aux ruissellements intempestifs, ayant préservé une faune et une flore exceptionnelles comptant quelques espèces disparues ailleurs.

Un vin né de la volonté de quelques hommes d’être justes, bien chez eux, avec honneur et raison, en préservant la richesse de leur terre .C’est avec une conscience aigüe de son caractère exceptionnel qu’ils recueillaient cet héritage, étant eux même les futurs passeurs de ce coin de paradis. Des cépages anciens voire moyenâgeux, et des méthodes de vinification qui montrent que l’harmonie entre la nature, l’homme et la productivité existe. Une terre argilo-calcaire au cœur des propriétés prestigieuses que sont les châteaux Beauséjour Bécot et Angélus, jouissant d’un belle exposition sud-ouest.

03. L'aventure

Porteur de cet héritage, de cette culture et apprenant la merveilleuse découverte faite par son oncle, Adrien David Beaulieu s’est mis au défi de perpétrer la tradition et de créer une cuvée spéciale selon les méthodes de 1750, date estimée de la bouteille*.

Il sélectionne alors les parcelles les plus hautes du domaine, celles de Peycocut, «le pit du coucou», vestige d’un terroir Saint Emilionnais avant l’ère des pesticides. Les deux cépages emblématiques de l’appellation y sont cultivés. Le Cabernet Franc ainsi que le Merlot.

Le Merlot est le Merlot dit «à queue rouge» qui se caractérise par sa petite taille et ses faibles rendements favorisant ainsi l’obtention d’une excellente concentration. Il a toujours été greffé par la Famille David Beaulieu et obtenu par le biais de la sélection massale.

Le Cabernet Franc se caractérise par sa maturité précoce qui provient du type de porte-greffe. Il est donc plus aisé de contrôler son évolution et donc de vendanger dans d’excellentes conditions de maturité.

04. Respecter la terre

Pour préserver la virginité de cette terre, aucun tracteur n’y circule : un cheval de trait effectue les tâches. Les sols en sont moins compactés, ce qui favorise l’écoulement des eaux et la vie des invertébrés et organismes micro-bactériens. Le sol de ces parcelles est donc riche en termes d’auxiliaires…

Les traitements pour protéger la vigne sont ceux appliqués au 19éme siècle avec la bouillie Bordelaise, pulvérisée à dos d’homme. La petite taille de ces parcelles et la méthode utilisée pour les traitements garantissent la bonne santé des ceps et de leurs fruits.

Une fois les raisins arrivés à maturité, ils sont récoltés et triés manuellement puis déposés, toujours manuellement, dans un foudre en bois. Le travail de vinification s’effectue - sans l’aide de pompes – par pigeage manuel, comme le faisaient nos ancêtres.

A l’abri dans un chai ancien au parfait équilibre micro-bactérien, la transformation malolactique se fait naturellement sans ajout de levures ou de bactéries provenant du commerce. Elles sont indigènes.

L’élevage de cette cuvée sera réalisé durant 18 mois dans des barriques à 50 % neuves.

05. La bouteille

Il ne restera plus qu’à fabriquer un point essentiel au respect fidèle de cette découverte ancestrale : la bouteille et sa méthode de bouchage. C’est à 150 km de son terroir qu’Adrien David Beaulieu rencontre Monsieur Guillot. Ce meilleur ouvrier de France étudie la bouteille avec minutie et réussit à retrouver quels étaient les composants chimiques utilisés dans la composition du verre de la bouteille et de son bouchon (la bouteille et le bouchon étant de différentes compositions).

Il confectionne alors le moule en bois qui permettra une réplique de la bouteille à l’identique. Cette méthode, héritage d’un savoir-faire ancien et artisanal, nécessite le remplacement du moule toutes les 50 bouteilles, la chaleur du verre le déformant petit à petit.

Reste le bouchage. Les bouchons en verre sont moulés dans un moule en acier aux dimensions exactes de l’historique. Il faut 30 minutes de rodage manuel du bouchon avec un alésoir paré de micro-diamants pour que la bouteille devienne alors complètement hermétique.

Le vin, évoluant alors très lentement dans un système fermé, donnera naissance à une production exceptionnelle : «la cuvée Emeri».